| Il existe une Vallée d'Aoste dans le monde qui est probablement plus peuplée que la vraie.
Elle est habitée par les héritiers, conscients ou inconscients de leurs origines, des milliers de Valdôtains qui au cours des XIXème et XXème siècles ont choisi d'émigrer. Un choix dur et difficile, source de regrets et de nostalgie, mais qui n'avait guère d'alternatives à des moments donnés de l'histoire économique de la Vallée d' Aoste, l'époque de l'industrialisation et le contexte politique d'autrefois.
Il y a ceux qui sont allés tout près (France et Suisse) et il y a ceux qui ont opté pour les pays d'outre-mer (Etats-Unis et Amérique du Sud). Un but commun cependant les unissait: ils étaient tous à la recherche d'une opportunité de travail dans l'espoir de faire fortune. Beaucoup d'entre eux ont rendu définitive l'émigration saisonnière qui avait toujours caractérisé l'hiver valdôtain dans les métiers comme le ramoneur ou le sabotier.
Ils partaient de leurs petits villages pour se retrouver à Paris comme chauffeurs de taxi ou nettoyeurs de vitres. Ils fondaient des associations d'assistance mutuelle, dont le réseau était tellement développé qu'à New York un Valdôtain pouvait toujours trouver une chambre en location auprès de l'un de ses compatriotes. Tout en ayant ses journaux, ses restaurants, ses groupes de théâtre, ses équipes de sport, l'émigration valdôtaine aussi a suivi le destin progressif de l'assimilation dans les Pays qui l'ont accueillie et les rentrées définitives au Val d'Aoste ont été de plus en plus rares.
Toutefois, l'attachement au pays d'origine est encore très fort, notamment de la part des émigrés en France et dans notre monde global, qui organisent chaque année, dans différentes villes, les rencontres que l'on appelle "Arbres de Noël". Chaque été, par contre, on célèbre en Vallée d'Aoste une grande "rencontre de l'émigration valdôtaine", qui est une véritable fête de la table entre résidents et émigrés. Le Valdôtain le plus célèbre, parmi les émigrés qui ont fait fortune, est entre autre la famille Marcel Bich, de la multinationale Bic.
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